
mardi 31 août 2010
Les vierges du Swaziland

La pissotière qui préserve du temps et l’environnement
Aujourd’hui c’est une concept fort original que je vous propose de découvrir. Une petite idée simple qui permet d’optimiser les passages de ces messieurs au pipiroom. En effet, pourquoi ne pas utiliser le même robinet et donc la même eau pour se laver la main et tirer la chasse d’eau pour envoyer l’urine au fin fond des canalisations ?
C’est la brillante idée qu’a eue Yeongwoo Kim. L’EcoUrinal est d’ailleurs l’un des concepts récompensés au iF Concept Design 2010. Aisni, on fait tout sans avoir à se déplacer. Parfait, donc… Si tant est que vous vous lavez les mains après avoir uriner… Le nombre de mecs que je vois repartir des toilettes publiques sans s’arrêter au lavabo fait peur. Beuark !
vendredi 27 août 2010
Google Realtime
Realtime Search lets you see up-to-the-second social updates, news articles and blog posts about hot topics around the world
Boîte aux lettres radar automatique

Jackass de retour au cinéma en 3D
Annoncé en décembre dernier par la Paramount, le 3e opus des aventures de Jackass vont bien voir le jour en 3D, au cinéma !
Une nouvelle fois réalisé par Jeff Tremaine (après les deux premiers Jackass en 2002 et 2006), on retrouvera à l’affiche l’increvable Johnny Knoxville et toute sa bande (Bam Margera, Ryan Dunn, Chris Pontius, Steve-O, Ehren McGhehey, Dave England, Preston Lacy et Tony Hawk) prêt à relever encore une fois des dizaines de défis les plus débiles les uns que les autres !
Encore une fois, ca s’annonce bien déjanté… La preuve avec la bande annonce de Jackass 3D :
Date de sortie dans nos salles obscures : 1 décembre 2010 (15 octobre aux US…)
De l’élevage du chiot
Un soir, même pas bourrée d’ailleurs (je tiens à le souligner), une idée m’a traversé l’esprit. J’écoutais une amie me narrer son histoire avec un garçon, et là, soudain, le flash. Je l’ai donc gratifiée d’une longue tirade, suite à cette épiphanie: les garçons, c’est comme les chiots.
Et donc, un chiot, c’est comme un enfant, ça s’éduque. Sauf qu’un enfant, vous pouvez éventuellement lui expliquer le pourquoi des choses. Un chiot, non, a priori, il comprend pas toujours bien pourquoi ça c’est bien, ça c’est mal. Un garçon, c’est pareil. Donc il faut être patiente, pédagogue, à la fois douce et ferme.
Par exemple, un chiot, c’est tout fou. Il faut donc le canaliser. Lui faire comprendre qu’il peut éventuellement gambader et faire n’importe quoi, mais pas tout le temps. Dans la forêt, ou dans un grand champ, OK. Dans l’appart, KO. Le garçon, c’est pareil. En tête à tête avec vous ou avec ses potes, il peut se lâcher, en plein dîner avec votre boss ou vos parents, non.
Un chiot, c’est aussi prompt à inventer des âneries : faire pipi partout, essayer de culbuter la chienne de la voisine, baver sur les coussins, s’exciter sur votre jambe. Un garçon c’est pareil. Rater la cuvette des toilettes, mettre sa langue dans la bouche d’une fille qui n’est pas vous (quand c’est que la langue…), s’exciter sur votre jambe, la même.
Et surtout, surtout, les deux n’écoutent absolument rien. Vous leur parlez, leur demandez d’exécuter des taches basiques (assis, fais la vaisselle), sans aucun résultat. Quand je vous dit qu’il y a des similitudes… et encore, l’avantage d’un chien, c’est qu’il ne réplique pas, il fait simplement la sourde oreille.
Donc, je pense qu’il faut appliquer aux deux des méthodes d’éducation similaire. Surtout en début de relation / d’adoption, il ne faut rien laisser passer, sinon l’animal va prendre un mauvais pli, et ce sera foutu à jamais. Prendre une voix pas contente et lui asséner une tape sur le museau avec un journal. Je parle du chien, là. Pour le garçon, soyez créative, trouvez une punition qu’il redoute. Privez le de bière, de sexe, criez fort ou boudez. Je vous fais confiance, vous pourrez trouver le châtiment le plus efficace. Un simple froncement de sourcil annonciateur du pire peut suffire à le calmer net, et à lui faire rabattre oreilles et queue. Gentil.
En revanche, attention, hein, il faut être sévère à bon escient. Quand le chiot - ou le garçon- fait preuve d’une bonne initiative, même maladroite, il ne faut surtout pas le brimer. Au contraire, il faut le féliciter, l’encourager à réitérer. Même si en ramenant la balle que vous avez lancée il fait tomber un vase. Ou s’il vous saute dessus avec des pattes mouillées et la bave aux lèvres (là ça marche pour les deux) alors que vous vous apprêtez à sortir avec une robe en soie crème (quelle idée aussi). Ou qu’il insiste pour faire à dîner à vos amis alors qu’il est incapable de faire une omelette. On ne crie pas, là, même si on en a très envie, parce que ça part d’un bon sentiment. Au contraire, on flatte, on félicite, on caresse, on parle doucement.
Très vite, l’animal comprendra, et à défaut de vous écouter vraiment, redoutera suffisamment votre mécontentement, et cherchera l’approbation, et se tiendra à carreau. Essayez, vous m’en direz des nouvelles - je vous déconseille quand même les coups de journal sur le nez du garçon, il n’aime pas trop ça.
Le iControlPad iPhone finalement produit à 3000 exemplaires ?
L'histoire du iControlPad, un gamepad dans lequel insérer
son iPhone, est déjà longue, on l'a suivie dans ces
billets. Mais après plusieurs faux départs, il n'avait pas
été produit en série.
Il semblerait que cette fois-ci, ce soit la bonne et que le gamepad
iPhone en photo ci-dessous soit le premier des 3000 exemplaires
prévus :
Il intègre une batterie et de nombreux boutons pour retrouver des sensations
de jeux plus agréables notamment sur les émulateurs. Le GamePad, sauf évolution
future, ne sera compatible qu'avec les machines jailbreakées et les jeux qui le
supportent.
Si le succès est au rendez-vous, le concept pourrait être adapté à d'autres
téléphones comme ceux fonctionnant sous Android.
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SFR Multi-Packs : nouveau programme de fidélisation
Ce nouveau programme constitue en fait une offre de remise sur les différents forfaits proposés par SFR et s'adresse aux clients d'un même foyer ayant sousc...
Pourquoi la planète se fiche des Pakistanais?
Selon les Nations unies, les
inondations au Pakistan ont fait plus de dégâts à elles seules que le tsunami
de l’océan Indien (2004), le tremblement de terre du Pakistan (2005) et celui
d’Haïti (2010) réunis. Pour autant, les Nations unies, les ONG et le
gouvernement pakistanais renâclent à apporter leur aide aux sinistrés, qui
l’attende depuis des semaines.
Après le tremblement de terre survenu
en Haïti, 3,1 millions d’Américains avaient – via leurs téléphones portables – fait chacun un don de 10 dollars à la Croix Rouge; l’organisation avait ainsi réuni 31
millions de dollars environ. Une récente campagne du même type organisée pour
le Pakistan n’a récolté que… 10.000 dollars. En 2004, après le tsunami, les
organisations d’aide humanitaire avaient recueilli 1.249,80 dollars par victime; ce chiffre était de 1.087,33
dollars après le tremblement de terre d’Haïti. Le tremblement de terre de 2005,
au Pakistan, avait lui aussi suscité un plus grand élan de générosité: 388,33
dollars par sinistré. Pour l’heure, les organisations n’ont récolté que 16,36
dollars par victime des inondations.
Pourquoi la communauté internationale
fait-elle preuve de tant de réserve face à ce désastre naturel, qui compte
pourtant parmi les plus dévastateurs de notre époque? Voilà sans doute le
mystère le plus captivant – et le plus grave – du moment.
Tout le monde y va de sa petite
analyse, et ne sont pas les hypothèses qui manquent. C’est parce que les gens
en ont assez de donner. C’est parce que les gens en ont assez de donner au
Pakistan. C’est parce que le gouvernement pakistanais est corrompu, et qu’on ne
peut pas lui faire confiance. C’est parce que les victimes sont musulmanes.
C’est parce que les gens pensent qu’une puissance nucléaire peut se débrouiller
par elle-même. C’est parce que les inondations (et c’est particulièrement vrai
ici) sont des phénomènes destructeurs, mais progressifs; la catastrophe n’est
pas instantanée. C’est parce que les budgets des pays occidentaux sont plus
restreints qu’avant. C’est parce que les effets de la crise financière se font
encore sentir...
Il y a du vrai dans toutes ces
explications. Mais la raison principale est ailleurs. Au final, si le Pakistan
ne reçoit pas d’aides proportionnelles à la gravité de la situation, c’est
d’abord et avant tout… parce qu’il s’agit du Pakistan. Si une catastrophe de
cette ampleur touchait un autre pays du monde, le reste de la planète traiterait
de la question sous un angle humanitaire. Mais le Pakistan n’est pas un pays
comme les autres. Lorsque les victimes sont des citoyens d’Haïti ou du Sri
Lanka (qui sont loin d’être les pays les plus stables et les mieux gouvernés de
la planète), les Américains et les Européens leur ouvrent immédiatement leur
cœur et leur porte-monnaie. Mais dès lors qu’il s’agit du Pakistan, l’humanité
des victimes s’efface devant l’idée préconçue que se font les occidentaux de ce
pays.
Le Pakistan est un pays que
personne ne comprend réellement – et qui, pourtant, ne manque pas d’«experts». Si
vous êtes expert de la prolifération nucléaire, on fait soudain de vous un
expert du Pakistan. Expert du terrorisme? Idem: expert du Pakistan. Spécialiste
de l’Inde? Expert du Pakistan! Vous êtes originaire d’Asie du Sud, et vous êtes
chercheur, journaliste, ou membre d’un think tank? Bingo: vous êtes
aussi expert du Pakistan. Vous en voulez à vos parents de vous avoir envoyé
dans une madrasa d’extrémistes quand vous étiez petit? Devinez quoi: vous êtes
expert du Pakistan.
Cette unique source d’expertise
internationale confère bien évidement au Pakistan l’image d’un pays effrayant. Entre
notre peur du terrorisme, l’inquiétude que peut nous inspirer un pays musulman
doté de l’arme nucléaire, et l’embarras de la communauté internationale face à
un service de renseignement qui fait ce qui lui chante (et non ce que nous
voulons qu’il fasse), une chose est sûre: le Pakistan met le monde – et tout
particulièrement les Américains – extrêmement mal à l’aise. Selon une étude
Gallup datée de 2008, aux Etats-Unis, seuls l’Afghanistan, l’Irak, l’Autorité
palestinienne, la Corée du Nord et l’Iran étaient moins populaires que le
Pakistan.
Les médias internationaux sont tous
fous de l’Inde, et le Pakistan a lui-même commis nombre de fautes. Résultat: ce
dernier a fini par devenir le méchant de service. Faites le test: vous aurez
bien du mal à trouver un reportage vantant ses incroyables paysages, sa
diversité, sa cuisine, sa conception unique de l’Islam, sa passionnante tradition
musicale en constante évolution, ou encore ses nombreux sportifs de talent – autant
de qualités dont, pourtant, le pays regorge.
Les répercussions? Jugez par vous
même. En 2007, lorsque le coach de l’équipe nationale de cricket du Pakistan
(un Anglais du nom de Bob Woolmer) a été retrouvé mort dans sa chambre d’hôtel,
la presse internationale s’est empressée de se demander s’il avait été tué par
l’un de ses joueurs. Cet exemple résume à lui seul nos rapports avec le
Pakistan d’aujourd’hui.
Contrairement à ce que peuvent
imaginer les nombreux Pakistanais amateurs de la théorie du complot, les
soupçons et le mépris que peuvent inspirer leur pays ne sont ni délibérés, ni
le fruit d’un savant calcul politique. Voilà simplement ce qui arrive lorsque
l’on joue le rôle de l’éternel voyou dans une région que le reste de la planète
rêve de transformer en nouvelle Scandinavie. Le monde de l’après 11-Septembre
ne peut plus se permettre d’avoir un ghetto dysfonctionnel sur les bras en Asie
du Sud et en Asie centrale – si l’on en croit les tenants de la doctrine
paternaliste.
Non seulement les Pakistanais semblent
peu désireux d’accepter ce programme de transformation de leur région, mais
voilà que la nature elle-même semble s’y opposer. Les inondations sont la
troisième catastrophe humanitaire de l’histoire récente du pays. Le tremblement
de terre de 2005 et les déplacements des populations du district de Swat et des
régions tribales de 2009 ont été aussi des désastres. Le soutien de
la communauté internationale fut alors précieux, car il a permis d’atténuer
l’impact de ces catastrophes. Toutefois la plupart des experts s’accordent pour
dire que ce sont les Pakistanais – membres du gouvernement comme habitants –
qui ont fait le plus gros du travail.
Les inondations de 2010 ont
changé la donne. Ce pays ne sera jamais le même; ne pourra plus jamais l’être.
Il lui faudra des années pour se relever de cette catastrophe; des pertes
humaines, des maladies, de la pauvreté et de la souffrance. Retirer les tonnes de boue, nettoyer, reconstruire les principales autoroutes, canaux et stations de pompage coûteront si cher que le simple calcul du montant des dommages
sera sans doute en lui-même une tâche fastidieuse. La reconstruction de ces
infrastructures vitales sera un défi d’une ampleur sans pareille.
Je me suis rendu il y a peu à
Pashtun Ghari, village relativement prospère de la province de Khyber Pakhtunkhwa.
Pashtun Ghari est situé à deux pas de l’historique Grand Trunk Road et à trois
kilomètres du fleuve. Les sinistrés ne se sont pas plaints d’avoir été
abandonnés par les autorités; ils semblaient même assez satisfaits de l’aide
qu’on leur avait apportée. Pour autant, les habitants étaient frappés d’une
tristesse inconsolable: tout le bétail du village – quelque 2.300 vaches –
avait péri sous les eaux, qui s’élevaient à plus de trois mètres lors de la
première vague d’inondation.Le bétail est à la fois un capital et une source
de revenus pour les villageois pakistanais qui vivent le long de l’Indus. Il est presque
impossible de se relever d’une perte de cette ampleur.
Le fait que les populations du
reste du monde ne portent pas le Pakistan dans leur cœur ne rend pas moins
humaines les victimes de cette catastrophe; il ne rend pas non plus leur
souffrance moins insupportable. Il est parfaitement possible de porter un
regard critique sur les hommes politiques pakistanais; de dénoncer leur
aveuglement et leur cupidité. Il n’y a rien d’anormal à s’inquiéter de la
grande influence dont jouissent les services de renseignement pakistanais, et
des rapports indiquant qu’ils soutiennent toujours les talibans d’Afghanistan.
On peut même excuser les certitudes fantaisistes de certains, qui vont jusqu’à
penser que quelques centaines de terroristes talibans et de membres d’al Qaida
sont en mesure de s’emparer d’un pays défendu par plus de 750.000 hommes et
femmes de l’armée pakistanaise, et par les 180 millions de contribuables qui
paient les salaires de ces derniers.
Mais va-t-on demander aux fermiers
de Pashtun Ghari, de Muzzafararh et de Dera Ghazi Khan, de Shikarpur et de
Sukkur d’apaiser eux-mêmes ces peurs avant d’espérer pouvoir recevoir les aides
qui leur permettront de trouver de nouveaux moyens de subsistance? Vingt
millions de personnes sont aujourd’hui à la recherche d’un endroit sec où
pouvoir dormir, d’un peu de nourriture, d’une gorgée d’eau potable – et les
seules questions que nous nous posons ont trait à la politique et à la sécurité
internationale. Le Pakistan n’est pas le vrai problème. Le problème se trouve à
la source de ces fameuses questions.
Le leadership moral des
dirigeants pakistanais est certes plus qu’affligeant, mais punir des millions
de sinistrés sans défense serait la pire des façons de signifier notre rejet
des élites pakistanaises, de leur duplicité et de leur corruption. Les pauvres,
les affamés et les sans-abri ne font pas partie d’un complot monté par l’ISI
dans l’espoir de vous soutirer votre argent. Ils mettent à l’épreuve votre
humanité. Ne suivez pas l’exemple des élites pakistanaises; ne les trahissez
pas. Ce serait immoral; inhumain. Quelles que soient nos inquiétudes,
oublions le reste de nos questions, et posons-nous celle-ci: «Comment puis-je les
aider?»
Mosharraf Zaidi
Traduit par Jean-Clément Nau
Photo: Un garçon victime des inondations attend une distribution de nourriture Tim Wimborne / Reuters
mercredi 25 août 2010
Le Monopoly des Réseaux Sociaux
Maison en pierre au Portugal

mardi 24 août 2010
Velvet, cette interface très impressionnante
The Astonishing Tribe (l’équipe a qui l’on doit en partie l’interface d’Android) a posté une vidéo présentant son nouveau projet, nommé Velvet, et pour le moment destiné à MeeGo (et sans doute à Android plus tard). Projet impressionnant, visuellement parlant, puisque faisant “voler au vent” les widgets Google Maps, les pages internet également ouvertes en “fenêtré”. Bref, je vous laisse vous faire votre propre avis, mais c’est plutôt alléchant !

vendredi 20 août 2010
jeudi 19 août 2010
Introducing Microsoft® Visual Studio® LightSwitch™
Today during the VSLive! keynote here in Redmond I announced a new product called Microsoft® Visual Studio® LightSwitch™, which is the simplest way to build business applications for the desktop and cloud. LightSwitch is a new member of the Visual Studio family focused on making it easy to develop line of business applications.
At their core, most end user business applications combine two things: data + screens. LightSwitch is optimized around making these two things very simple. Let’s walk through a simple example which demonstrates how easy it is to get going.
Hello World
LightSwitch is a stand alone Visual Studio product (it will also be available in future versions of Visual Studio Professional and above). VS Professional gives you a lot of options for building your application, including being able to build top tier enterprise wide apps. This is very powerful but also presents you with a lot of options to sort out up front as you contemplate your architecture. With LightSwitch we make it really simple with two choices: VB or C#!
Other Data, Including SharePoint
Not all of your data is stored in a single database. Often time you need to combine data from more than one database as well as other data sources. LightSwitch makes it easy for you to do joins across disparate data sources (internally using WCF RIA Services to serve up the data). So as an example you can attach to a SharePoint list and create new screens that combine data from a database and SharePoint. Being able to do this kind of data mash up is very powerful. Being able to do the join without having to write any code is just awesome :-)
Kick Starting the Cloud
I’m sure you’ve seen that we are “All in” on the Cloud and LightSwitch is no exception. In fact LightSwitch has been designed to target the cloud using the same set of data and screen designers I’ve shown above. You can easily create your schema and store data using SQL Azure. Your running business logic can be hosted in the Azure cloud meaning you never have to do administration work. The really powerful thing about this is there is nothing special for you to do in order to run in the cloud. You will simply do the deploy step when you are happy with your app and then point your users at the URL. The same is true of SQL Azure: it is just like any other database you can target.
Running in the Browser
By default LightSwitch produces a desktop application. This kind of app can work very easily with local data and can integrate with Office as mentioned above. Some times you will also want to give access to the application in the browser. This is very easy using the Properties settings for the application:
Full Story at http://blogs.msdn.com/b/jasonz/archive/2010/08/03/introducing-microsoft-visual-studio-lightswitch.aspx
Les incendies russes touchent les terres radioactives depuis Tchernobyl
Les multiples incendies qui ravagent de nombreuses forêts en Russie se sont approchés la semaine dernière d'installations nucléaires, notamment à Sarov, à cinq cents kilomètres de Moscou. La crainte était que le feu n'atteigne les régi...
mardi 17 août 2010
Connaissez-vous la disposition clavier Dvorak Bépo ?
J’ai le plaisir d’accueillir aujourd’hui mon confrère Nicolas Pène du blog éponyme NicolasPene.fr, qui nous fait un retour sur la méthode qu’il a employée pour apprendre à taper en disposition clavier Dvorak Bépo…
La grande majorité d’entre nous ne connaît et n’utilise malheureusement qu’une des deux dispositions clavier standardisées : Azerty et son grand frère anglophone Qwerty. Or, nous le savons peu, mais ces dispositions clavier sont totalement contre-intuitives et nullement optimisées pour écrire rapidement.
Datant de la fin du XIXème, ces dispositions clavier furent mises en place afin d’éviter le blocage de tiges sur les premières machines à écrire, d’où un écartement important des lettres les plus utilisées.
Cependant, en 1932, après plus de 10 ans de recherche, August Dvorak, pédagogue et professeur en psychologie, mit enfin au point une méthode de dactylo optimisée.
Malheureusement, au grand dam de son créateur, celle-ci n’a jamais pris le pas sur la conventionnelle méthode Qwerty bien trop ancrée dans les habitudes.
Bien que peu connue et utilisée, la méthode Dvorak existe encore aujourd’hui et ce sous plusieurs formes. On peut par exemple trouver des adaptations pour ne taper qu’avec une main (sous les versions droitier en gaucher).
La disposition Dvorak étant créée pour la langue de Shakespeare, des adaptations ont également été réalisées pour de nombreuses autres langues dont le français. La plus connue et utilisée pour ce dernier étant la disposition Dvorak Bépo.
Il y a plus d’un an, afin d’apprendre la dactylo, je me suis lancé le défi d’apprendre cette méthode clavier. Aujourd’hui, j’écris encore et toujours sous disposition Bépo ayant lâché monsieur Azerty ainsi que toutes les pénibilités qui l’accompagnent.
Comme vous pouvez vous en douter, si je ne suis pas revenu sous Azerty, c’est bien que j’ai trouvé un certain confort à écrire en Bépo et ce, en grande partie, pour les raisons suivantes :
- une plus grande rapidité d’écriture
- un plus grand plaisir à taper au clavier (un plaisir comparable à celui de maîtriser un instrument de musique)
- la disparition de douleurs articulaires lors de gros efforts d’écriture
- l’apprentissage de méthodes de dactylographie (et ainsi ne plus regarder son clavier en tapant)
Il est également à noter qu’il m’est encore possible d’écrire correctement en Azerty, bien que ma vitesse d’écriture sous cette disposition ait un peu diminuée.
Suite à cette introduction passons à la méthode, ou plutôt aux méthodes. La première est celle que j’ai mise en place pour apprendre le Dvorak Bépo, c’est une méthode un peu ardue et contraignante. Cependant elle vous permettra au bout de 2 mois d’écrire aussi vite que lorsque vous étiez en Azerty (disposition que vous utilisez probablement depuis des années).
La seconde méthode, quant à elle, vous permettra d’apprendre plus facilement à taper en Bépo, cependant il vous faudra compter plus de temps et de patience.
Il est également à noter que ces méthodes peuvent être appliquées pour de la dactylographie classique. Par conséquent, même si vous n’êtes pas intéressé par le Bépo vous pouvez continuer à lire et vous inspirer de cet article.
Le second point à noter étant que, même si vous souhaitez apprendre la dactylographie en Azerty, il vous faudra pas mal de temps et d’énergie pour dés-ancrer vos mauvaises habitudes. Par conséquent, apprendre la dactylographie avec une disposition Dvorak Bépo peut être tout aussi intéressant à envisager.
Préparation
NB : Avant d’aller plus, sachez que l’ensemble des ressources nécessaires tels la configuration clavier, la disposition des doigts, ainsi que les pilotes à installer, sont toutes disponibles sur le site officiel : Bepo.fr
La plus fréquente question auquel je suis sujet lorsque je parle de Bépo est : « Mais alors, tu as acheté un nouveau clavier ? »
Le premier point important, répondant à la question suivante, est : Ne changez surtout pas de clavier !
Bien que cela puisse paraître contre-intuitif, ne pas avoir les bons caractères imprimés sur vos touches vous forcera à positionner vos doigts sur le clavier correctement.
De même, pour ceux qui souhaitent apprendre la dactylo classique, je vous conseille également de masquer les lettres de vos touches.
Pour écrire en bépo, il vous suffit juste de changer la disposition dans les options de configuration liées à votre clavier. Sur la majorité des systèmes d’exploitation actuels (Windows, Linux, MacOs X…) la config Bépo étant présente sans rien ajouter.
Il me semble également que vous pouvez ajouter des raccourcis clavier ou des icônes de menus supplémentaires pour changer de clavier rapidement. Solution idéale lorsque, comme dans mon cas, d’autres personnes utilisent le même ordi ainsi que la même session utilisateur.
Petite note pour les Linuxiens : un simple “ setxkbmap fr bepo” sur votre terminal, vous fera passer en bépo. De même pour revenir sous azerty, écrivez “setxkbmap fr”.
Afin de connaître le positionnement de vos touches, je vous conseille également d’imprimer la disposition clavier et de positionner cette feuille juste au dessous de votre écran. Ainsi vous aurez en permanence un reminder pour visualiser et mémoriser le tout plus facilement.
Je vous conseille également de colorier les touches correspondantes à chaque doigt. Sur le site Bépo, vous trouverez différentes méthodes de positionnement des doigts. Ayant testé quelques unes d’entre elles, voici celle que je vous propose : La Variante « o0 »
Voilà, l’étape de préparation est maintenant finie. Passons maintenant aux méthodes d’utilisation au quotidien.
Ma méthode
Comme précisé plus haut, je souhaitais vous proposer 2 méthodes. La première est celle que j’ai mise en place personnellement.
C’est une méthode assez radicale consistant à basculer de façon permanente sous Dvorak Bépo et laisser tomber l’écriture en azerty. Et ce, du jour au lendemain !
Cette méthode est assez fatiguante sur les premières semaines car elle impose un effort continue de votre part. Même une pause détente sur internet vous demandera un certain effort dès qu’il vous sera nécessaire d’écrire au clavier.
Cela dit, un des effets positifs : vous apprendrez vite à aller à l’essentiel dès que vous utiliserez votre ordinateur.
Attendez-vous donc à écrire 5 à 20 mots à la minute pendant les 3 premières semaines. Mais ne vous inquiétez pas, après ce délai, la frustration de ne pas aller assez vite, ainsi que l’effort mental à fournir commencent à disparaître.
Pour ma part, il m’aura fallu environ 2 mois pour écrire aussi vite sous bépo qu’en Azerty. Passé ce délai, vous allez encore améliorer votre vitesse d’écriture, pour arriver à un rythme de croisière bien plus élevé que lorsque vous étiez sous Azerty.
Un autre point très important sur cette méthode étant de bien définir la date de commencement et préparer le terrain autour de vous.
Par exemple, j’ai lancé le début de mon apprentissage à une période de faible activité professionnelle (l’idéal aurait été en période de vacances). De plus, à l’époque, j’avais prévenu mes supérieurs que je serais moins productif pendant les 15 prochains jours. Le motif : « Je suis en train de mettre en place une nouvelle méthode de dactylographie afin d’améliorer grandement mon efficacité.»
Comment pourrait-on vous en vouloir de chercher à améliorer vos performances professionnelles ?
Une méthode plus douce
La méthode précédente pouvant être assez contraignante pour beaucoup d’entre nous, je souhaitais également vous soumettre un seconde méthode beaucoup plus simple. Méthode consistant à apprendre le Dvorak Bépo par paliers.
Ainsi, sur la première semaine d’apprentissage, prenez 15 minutes tous les jours pour écrire en Bépo.
Attention : prenez une bonne pause avant et après cette période afin que votre cerveau ne fatigue pas trop lors du passage d’une disposition clavier à l’autre.
La seconde semaine, passez à 30 minutes d’écritures en Bépo, puis 1h pour la troisième semaine et ainsi de suite.
Voici un exemple de programme que je vous propose et qui pourrait faire un très bon défi :
- Semaine 1 : 15 minutes
- Semaine 2 : 30 minutes
- Semaine 3 : 1 heure
- Semaine 4 : 1 heure 30
- Semaine 5 : 2 heures
- Semaine 6 : 1 demie journée
- Semaine 7 : 1 demie journée à 1 journée entière
- Semaine 8 : au-revoir Azerty !
C’est donc une méthode plus douce mais qui impose également plus de rigueur de votre part. De même, il vous faudra bien évidemment un peu plus de temps pour apprendre que sur la première méthode. Mais au final, je pense que vous n’y perdrez qu’un mois, tout au plus.
Pour aller plus loin
Afin d’améliorer plus rapidement vos performances, je vous conseille également d’utiliser des logiciels de dactylographie, des pseudo-dictées vous permettant d’évaluer votre vitesse clavier.
Voici deux sites de tests clavier que je vous conseille :
5 à 10 minutes d’exercices de ce type tous les jours vous permettront d’augmenter plus rapidement votre vitesse d’écriture.
J’espère que cette présentation vous aura donné l’envie d’essayer une nouvelle alternative au non-ergonomique Azerty pour améliorer votre efficacité au quotidien.
Auteur du blog éponyme NicolasPene.fr, Nicolas nous présente au travers de ses écrits une vision originale du développement personnel et de l’efficacité.
Appuyé par l’expérience ainsi que la recherche incessante de nouvelles sources de savoir, Nicolas développe au travers de son blog des concepts originaux tels le mouton noir, la sieste au travail ou bien la mise en pratique du concept Aware de notre cher ami Jean-Claude Van Damme.
Crédit photo : gadl
lundi 16 août 2010
Israël-Iran: la guerre nucléaire est-elle pour demain?
Dans un récent article (paru dans la revue The Atlantic),
Jeffrey Goldberg s’interroge: Israël va-t-il – ou devrait-il – attaquer les
installations nucléaires de l’Iran dans les mois à venir? C’est le meilleur texte
qui m’ait été donné de lire sur le sujet: Goldberg sait rester fin et
impartial, tout en nous offrant une analyse lumineuse des multiples dilemmes
stratégiques inhérents cette situation. Quoi que vous pensiez du programme nucléaire iranien, et
des mesures à adopter pour empêcher l’Iran d’avoir la bombe (Goldberg admet
lui-même que le sujet le plonge dans une «ambivalence profonde et
paralysante»), lisez son papier
avant de vous faire votre opinion.
Après avoir interviewé des dizaines de responsables
israéliens, arabes et américains, Goldberg estime qu’il y a «plus d’une chance
sur deux» pour qu’Israël bombarde l’Iran d’ici juillet 2011: selon ce scénario,
une centaine d’avions de chasse F-15E, F-16I, et F-16C attaqueraient les usines
d’enrichissement d’uranium de Natanz et de Qom, le centre de recherche
nucléaire d’Ispahan, voire peut-être le réacteur de Boushehr – entre autres
sites.
Il dresse une liste complète des risques et des possibles
catastrophes qui pourraient en résulter: violentes représailles du Hezbollah,
sinon de l’Iran lui-même; déclenchement d’une guerre régionale; choc pétrolier
aux conséquences catastrophique; rupture des relations américano-israéliennes;
vague mondiale d’attentats antisémites. Dernière conséquence possible (mais ce
n’est pas la moindre, et c’est la plus probable): raffermissement du pouvoir
des mollahs à Téhéran.
A l’inverse, le fait de laisser l’Iran constituer un
petit arsenal nucléaire ne serait bien évidemment pas sans risques. Je ne pense
pas (à l’inverse des Israéliens, ce qui est parfaitement compréhensible) que
les mollahs bombarderaient Jérusalem dès lors qu’ils disposaient de l’arme
nucléaire: les Israéliens possèdent une centaine d’ogives, et leur
contre-attaque serait en mesure de raser l’ensemble de l’Iran. (Les mollahs ont
beau financer les auteurs d’attentats-suicide, ils ne sont pas suicidaires pour
autant.)
Un Iran doté de l’arme nucléaire pourrait toutefois servir
de couverture (de «paravent nucléaire», pourrait-on dire) au Hezbollah et à
d’autres groupes alliés, qui pourraient en profiter pour se montrer plus
agressifs. L’arsenal iranien pourrait convaincre les petits pays de la région
de rallier sa cause (et les dissuaderait à coup sûr d’aller contre les intérêts
de Téhéran), et saperait sans doute la crédibilité de la politique étrangère américaine
(si les Etats-Unis refusent d’agir pour interrompre l’élaboration de la bombe
iranienne, certains pourraient douter qu’ils interviennent pour empêcher
Téhéran de l’utiliser). Ce qui inciterait les autres pays de la région à constituer
leurs propres arsenaux, et déclencherait par là même une nouvelle course à l’armement
nucléaire.
Certains théoriciens de la dissuasion nucléaire estiment
qu’une course à l’armement peut avoir des effets positifs. Leur argument: si
plusieurs pays d’une même région obtiennent la bombe, ils seront non seulement
moins enclins à déclencher une guerre nucléaire, mais aussi à se lancer dans
une guerre conventionnelle, de peur que le conflit ne dégénère. A les en
croire, c’est en grande partie pour cette raison qu’il n’y a pas eu de guerre
entre l’Inde et le Pakistan, entre la Russie et la Chine, ou (du temps de la
Guerre froide) entre les pays de l’OTAN et ceux du Pacte de Varsovie.
Une théorie intéressante, mais qui oublie trois choses.
D’une, ces trois duels géopolitiques ont bien failli, à
diverses reprises, se transformer en guerre nucléaire – et dans certains cas,
c’est autant à la chance qu’à la doctrine de la «destruction mutuelle assurée»
qu’ils ont dû leur salut.
De deux, les arsenaux de l’ensemble de ces pays ont été
équipés de permissive action links
[dispositifs de sécurité et d’armement] et d’autres systèmes de sécurité
(parfois avec l’aide des Etats-Unis), qui limitaient les risques de voir un
déséquilibré ordonner le lancement d’un missile sans autorisation. Dans le
cadre d’une course à l’armement, les pays du Moyen-Orient pourraient faire
l’impasse sur ce type de dispositifs.
Enfin, l’Iran et Israël sont géographiquement très
proches l’un de l’autre, si bien qu’en cas d’attaque, les deux pays disposeraient
d’un «temps d’alerte» pratiquement nul. Si une grave crise diplomatique devait
survenir, l’un des deux camps pourrait choisir de lancer une attaque préventive
pour devancer l’adversaire. (C’est ce que les théoriciens de la dissuasion
appellent l’«instabilité de crise».) Même si aucun des deux camps ne désire
attaquer, les circonstances pourraient leur donner l’impression qu’ils n’ont
pas d’autre choix.
Les Israéliens ont donc raison de ne pas prendre à la
légère la perspective d’une bombe nucléaire iranienne; c’est une «question
existentielle», au sens le plus strict du terme. En Israël, la phrase «plus
jamais ça» est bien plus qu’un slogan, et les diatribes antisémites de Mahmoud
Ahmadinejad doivent donc être prises très au sérieux (à ce sujet, Goldberg fait
remarquer que les principaux mollahs d’Iran approuvent totalement les propos du
président iranien).
Voici donc
le véritable enjeu: que peut-on faire, et que doit-on faire, pour empêcher la
création d’une bombe atomique iranienne?
Que peut-on faire? Interrogés par Goldberg, plusieurs
responsables israéliens ont affirmé qu’il serait difficile d’organiser une attaque
préventive: il leur faudrait au préalable le feu vert (confidentiel) de
l’Arabie Saoudite au préalable, et peut-être celui d’autres pays arabes (ne
serait-ce que pour obtenir l’autorisation du survol de leur territoire). Ils
pensent néanmoins qu’il serait possible de mener à bien un assaut aérien,
visant non pas l’ensemble du complexe nucléaire iranien, mais des installations
sans lesquelles il ne pourrait plus fonctionner.
Goldberg ne le dit pas, mais depuis près de dix ans, l’armée
de l’air israélienne équipe ses F-15 et ses F-16 (achetés aux Etats-Unis) de
réservoirs externes, ce qui leur permettrait d’atteindre l’Iran et de revenir à
la base sans avoir à se réapprovisionner en carburant.
Quelques responsables israéliens ont néanmoins dit à
Goldberg qu’ils préfèreraient que les Etats-Unis se chargent de l’attaque, pour
des raisons politiques autant que militaires. A Washington, certains craignent
qu’Israël ne lance un assaut en caressant l’espoir d’amener ainsi les
Etats-Unis à lui venir en aide (en partant du principe que l’Amérique voudrait
s’assurer du succès de l’opération dès lors qu’il serait trop tard pour
l’annuler). Certains Israéliens voudraient qu’Obama fasse preuve d’une plus
grande fermeté; qu’il déclare haut et fort qu’il attaquera bel et bien l’Iran si
son gouvernement ne renonce pas à sa volonté d’élaborer des armes nucléaires. Ils
font valoir qu’Israël pourrait cesser d’avoir recours à ses menaces de mesures
unilatérales si l’engagement américain se faisait plus crédible – ce qui pourrait
amener l’Iran à abandonner son programme nucléaire. Le hic, c’est que si son
avertissement solennel n’impressionne pas les Iraniens, Obama sera peu ou prou
forcé de mettre ses menaces à exécution.
Ce qui nous amène au deuxième volet de notre question:
que doit-on faire? Certains responsables israéliens (et la plupart des
responsables américains) pensent qu’une attaque aérienne serait pour le moins
prématurée, et constituerait certainement une énorme erreur. Pour l’heure,
c’est loin d’être la seule option.
Tout d’abord, les plus pessimistes des prévisions du
renseignement – y compris celles qui ont été citées par le secrétaire à la
Défense Robert Gates – estiment que les Iraniens pourraient disposer de la
bombe d’ici un à trois ans. Il n’y a donc pas d’urgence. (Par ailleurs, cette
estimation a déjà été citée ces dernières années, mais elle n’a jamais été confirmée.)
Ensuite, certains signes laissent penser que les
sanctions prises contre l’Iran par les Nations unies – et, à plus forte raison,
les sanctions encore plus strictes imposées par l’administration Obama et
l’Union européenne – commencent à faire de l’effet. Reste à savoir quel effet,
et en quoi la chose pourrait gêner – ou alimenter l’opposition interne envers –
le programme nucléaire. Suzanne Maloney, spécialiste de l’économie iranienne à
la Brookings Institution, affirme que les sanctions exacerbent un «schisme de
grande envergure» opposant les mollahs aux conservateurs plus traditionnels;
mais elle n’y voit, elle aussi, qu’un phénomène se développant sur le «long
terme». L’impact des sanctions étant beaucoup plus incertain sur le court
terme, elles ne nous seront sans doute pas d’une grande aide pour résoudre le
problème de l’armement nucléaire.
L’intensification des pressions explique peut-être le
fait que le gouvernement iranien ait offert de remettre sur la table des
négociations la question de l’uranium, qui pourrait être enrichi dans un pays
étranger, et lui être réexpédié sous une forme qui ne puisse être utilisé à des
fins militaires. Pour l’heure, cependant, cette «concession» n’est qu’une
redite de l’accord passé en juin dernier avec la Turquie et le Brésil – ce qui,
au final, n’a donc rien d’une concession. Mais au fur et à mesure que les sanctions
affecteront l’Iran (au niveau des investissements en capital, du raffinage du
pétrole et des transactions financières journalières), les offres de Téhéran se
feront peut-être plus sérieuses.
Enfin, les Israéliens sont loin d’avoir fait le tour des
mesures susceptibles d’apaiser ces tensions diplomatiques (si toutefois ils
souhaitent les apaiser, ce qui n’est pas dit). Dans un billet de blog consacré
à l’article de Goldberg, Steve Clemons, de la New American Foundation, y va de
sa propre suggestion: Israël pourrait, selon lui, entamer de réelles
négociations diplomatiques avec les Palestiniens.
Bien évidemment, le fait qu’Israël se réconcilie avec
Gaza et la Cisjordanie n’arrêteraient pas les centrifugeuses iraniennes, et
n’amènerait pas les activistes musulmans du monde entier à déposer les armes
(en bon réaliste, Clemons en est très certainement conscient). Mais si Israël acceptait
de geler la colonisation et de
faire un réel effort de paix, il pourrait parvenir à «découpler» les problèmes
iraniens et palestiniens (l’Iran et ses alliés ont toujours essayé de lier leur
cause à celle des Palestiniens, et la politique de colonisation israélienne n’a
fait qu’apporter de l’eau à leur moulin).
De telles mesures pourraient également rassurer l’Arabie
saoudite et d’autres pays arabes (qui éprouvent presque autant de crainte et de
méfiance qu’Israël à l’endroit de l’Iran) et les inciter à se joindre à la
campagne de pression diplomatique contre Téhéran. Elles pourraient peut-être
même les amener à apporter leur aide – officieuse – à l’armée israélienne si la
confrontation directe devenait inévitable.
Certains pourraient juger cette idée excentrique, mais ce
serait oublier les évènements de juillet 2006. Au Liban du sud, des miliciens
du Hezbollah franchissent la frontière, tuent trois soldats israéliens et en
enlèvent deux autres. Israël réplique par des tirs de roquettes et
d’artillerie. La Ligue arabe fait alors savoir qu’elle condamne l’action du
Hezbollah et soutien le droit à l’autodéfense d’Israël. Des spécialistes
américains estiment que cette prise de position pourrait marquer un tournant
stratégique d’importance; ils tentent de convaincre George W. Bush de saisir
cette chance d’apaiser les tensions en servant d’intermédiaire – la fameuse
«diplomatie de la navette». Bush refuse; les Israéliens intensifient leurs
frappes; leurs représailles se font disproportionnées; et la Ligue arabe leur
retire son soutien.
Goldberg doute cependant que le premier ministre Benjamin
Netanyahou opte pour une stratégie de ce type, et l’analyse qu’il livre des possibles
raisons de ce refus compte parmi les révélations les plus inquiétantes de
l’article. La clé du problème est, selon lui, le père du premier ministre,
Benzion Netanyahou, aujourd’hui âgé de cent ans; il fut l’ancien secrétaire
particulier de Vladimir Jabotinsky, fondateur de l’aile radicale du sionisme,
et il demeure farouchement opposé à toute concession territoriale. Interrogé
par Goldberg, un ami du premier ministre a résumé la situation en ces termes: «Benzion
ne quitte jamais complètement les pensées de Bibi. Il ne veut pas que son père
le voit comme un homme faible.» Un autre a confié au journaliste qu’aussi
longtemps que Benzion vivrait, «Bibi ne pourrait envisager un autre retrait» de
Cisjordanie: «il ne pourrait plus regarder son père en face.»
Une révélation proprement fracassante: en 2010 comme au
temps des tragédies grecques, le destin de la région la plus instable de
l’histoire n’est pas guidé par l’intérêt rationnel des Etats ou par la realpolitik,
non: il est entre les mains de fils obsédés par le regard du père – hier, les
Bush; aujourd’hui, les Netanyahou.
Goldberg écrit une chose particulièrement vraie: Obama
pourrait être bientôt confronté à une situation décisive qui marquera sa
présidence, une situation comparable à la crise des missiles de Cuba, en plus
complexe: John Fitzgerald Kennedy n’avait qu’un seul interlocuteur, Nikita Khrouchtchev.
Obama serait, lui, dans l’obligation de menacer, de parlementer et de négocier
avec les Iraniens (qui sont beaucoup plus imprévisibles), les Israéliens, et
une ribambelle d’acteurs régionaux.
En octobre 1962, Kennedy et ses conseillers avaient pu
élaborer une solution treize jours durant, la plupart du temps lors de réunions
dont l’existence même était tenue secrète; et leur délibérations n’ont été
rendues publiques qu’un quart de siècle plus tard (avec la parution des enregistrements
de Kennedy à la Maison Blanche).
Obama et son équipe n’auront pas cette chance. Il leur
faudra peut-être prendre des décisions – et engager des négociations –
capitales dans la plus grande urgence. Il n’est donc pas trop tôt pour
s’interroger sur la crise actuelle, sur l’issue qu’ils souhaitent lui donner,
et sur les sacrifices qu’ils sont prêts à consentir pour y parvenir.
Fred Kaplan
Traduit par Jean-Clément Nau
jeudi 12 août 2010
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Les salamandres constituent l'un des rares groupes d'animaux capables de régénération. Une queue ou même un membre sectionné peut repousser et reformer la morphologie exacte du membre absent. Cette spect...
mercredi 11 août 2010
Détecter des cancers grâce à un simple test de l'haleine
lundi 9 août 2010
Jacques Attali: la fin du téléphone mobile
Le débat sur la sécurité du BlackBerry, (lancé récemment dans certains pays qui ne supportent pas
qu’il leur soit impossible de briser les codes de transmission des messages) et plusieurs articles dans la presse spécialisée
américaine (Clive Thomson, The death of the phone call, Wired) posent la question de l’avenir du téléphone mobile.
On a longtemps cru, et écrit, que son développement,
faisant suite à celui du cinéma et
de la télévision, allait entrainer
la fin du courrier, du livre et de l’écrit en général. L’apparition d’internet
et du SMS a tempéré cette prédiction. Et voici maintenant qu’apparait une
prédiction radicalement inverse: et si c’était la conversation téléphonique
qui était appelée à disparaitre?
Ceux qui défendent cette thèse en veulent pour preuve que,
aux Etats-Unis, selon l’institut Nielsen, le nombre d’appels téléphoniques décroit tous
les ans depuis 2007, qui aura été l’année d’un record. De plus, ces appels sont de plus en plus
brefs: s’ils étaient en moyenne de 3 minutes en 2005, ils ont maintenant
perdus près de la moitié de leur durée. A cela s’ajoute que, partout dans le monde, le fait que les opérateurs
gagnent beaucoup plus d’argent par le transfert de données que par la voix, qui
n’est plus qu’une dimension annexe de l’ARPU. Enfin, il est exact que de nombreux jeunes n’utilisent presque plus leur Smartphone comme téléphone, mais
essentiellement comme un moyen
d’échanger des messages par sms,
email, bbm, ou sur Facebook ou Twitter.
Pourquoi? D’abord parce que la voix transmet un
message beaucoup plus subjectif et moins fiable que l’écrit. Ensuite, et surtout parce que, dans un monde où chacun est de plus en plus en relation avec
un très grand nombre de gens, on est de plus en plus soucieux de protéger
son intimité. Aussi, chacun
accepte-t-il de moins en moins l’agression
que représente un appel téléphonique. La vieille question apparue à la fin du
19ème siècle, au moment même de l’émergence du téléphone («pourquoi répondre quand
on vous sonne?») revient d’actualité. Beaucoup de gens désormais ne répondent pas quand on les sonne. Aussi, on ne décroche pas les
appels d’inconnus; et même, avec des amis, prend-on de plus
en plus rendez vous par SMS pour
se parler par téléphone; et on écoute même de
moins en moins les messages téléphoniques laissés sur les boites vocales.
Tout cela renvoie à quelque chose de profond, parfaitement
prévisible: notre idéologie de la liberté individuelle, conduit chacun à
ne s’intéresser de plus en plus qu’à lui-même, à ne vouloir en faire qu’à sa tête, et même, plus encore, à
l’autisme, au narcissisme, au plaisir de soi. Et donc à refuser toute intrusion
d’autrui non sollicitée dans la bulle de son égo. On aime donc recevoir des sms, des mails ou des bbm, parce qu’on les lit quand et
si on veut. Mais on n’aime pas
prendre un appel téléphonique qui vous force à obéir à l’injonction d’autrui,
de parler, ici et maintenant. Une fois de plus, la musique annonçait cette
mutation, par le développement de l’écoute solitaire.
De fait, un
objet nouveau sert d’abord à ce à quoi servait l’objet précédent. Et il
est normal que le mobile ait été d’abord un téléphone. Désormais, il va trouver son véritable usage. Les mobiles seront donc de
plus en plus des instruments pour se mettre à disposition de l’autre, qui
décidera s’il veut de nous. Et si la
voix n’y est plus importante, on peut en changer radicalement la forme, pour faciliter l’échange
d’écrits d’abord. Mais aussi, au-delà de l’écrit, par l’échange d’images, fixes ou mobiles, de photos ou de
vidéos.
Un peu plus tard, l’extension des capacités de conversation
en vidéo changera beaucoup de choses. Chacun pourra se
proposer à la vue de l’autre, qui
pourra décider à sa guise s’il
veut le voir et s’il veut lui renvoyer son image.
On pourra en particulier communiquer avec
le corps, sans l’usage de la voix; par exemple par des signes: la
vidéo conduisant à une possible universalisation du langage des sourds muets.
Chacun sera donc en situation de voir les autres, sans être
vu, s’il ne le souhaite pas; en tout cas, s’il peut le refuser, car il y
a des cas, où on ne peut refuser d’être vu d’un autre: on peut imaginer des mères imposant à
leurs enfants d’être sans cesse visibles; des amoureux l’exigeant de leurs partenaires; des patrons l’exigeant de
leurs cadres; des juges y
obligeant des condamnés.
Là sera d’ailleurs la vraie mesure de la liberté:
est libre celui qui n’est pas
obligé de répondre au téléphone, et qui n’est pas tenu d’être vu par les autres.
Jacques Attali
Image de Une: Téléphones mobiles récupérés pour être recyclés en Californie REUTERS/Mike Blake
La vie éternelle est pour après demain
Le développement humain est un phénomène sublime,
s’enthousiasme Jonathan Weiner dans Long for the World: The Strange Science of Immortality. La
rencontre d’un spermatozoïde et d’un ovule donne lieu à des divisions et à une
évolution parfaitement orchestrées, débouchant sur un être prévisible et
pourtant unique. Le vieillissement humain, en revanche, offre le spectacle
d’une épouvantable déchéance. Nos cellules cessent de fonctionner dans
l’anarchie la plus complète et les mutations s’enchaînent. Nos organes et nos
os semblent se délabrer alors même que nous avons encore besoin d’eux. C’est un
terrible déclin dont l’issue inéluctable est la mort.
Si nous vieillissons, c’est simplement parce que dame nature ne s’intéresse
plus à nous. C’est du moins la thèse de Weiner dans ce nouvel ouvrage, une
plongée dans notre triste finitude et dans les possibilités scientifiques de la
contrer. Il reprend ainsi la théorie très populaire du zoologue Peter Medawar,
lauréat du Prix Nobel, selon laquelle l’évolution vise exclusivement à nous
permettre de nous reproduire. Ainsi, par exemple, le calcium est indispensable
à la consolidation de nos os pendant l’enfance et l’adolescence. Or, une fois
que nous avons trouvé un partenaire et transmis notre patrimoine génétique,
notre mission est comme qui dirait accomplie. La nature se moque bien alors de
savoir que le calcium sclérose nos artères au point d’entraîner des crises
cardiaques lorsque nous vieillissons.
Mais pour nous, humains, ce problème est évidemment crucial. C’est pourquoi,
dans son dernier livre The Youth Pill: Scientists at the Brink of an Anti-Aging
Revolution, David Stipp emboîte le pas à Weiner dans l’exploration des frontières
d’une science visant à contrer les effets de l’âge et à «tromper la mort». Pour autant, leurs approches sont différentes:
là où Weiner dresse un portrait lyrique et presque méditatif de ces pionniers
désireux d’altérer le processus d’évolution, Stipp se livre à une véritable
étude journalistique de cette discipline qui a acquis une incontestable
légitimité au cours des 40 dernières années. Il n’en reste pas moins
qu’après avoir étudié leurs arguments respectifs, je reste convaincue qu’aucun
de nous ne vivra assez longtemps pour voir la science de la longévité vider
hôpitaux et funérariums.
A ceux qui arguent que le nombre actuel de personnes âgées pèse déjà assez
lourdement sur nos ressources, les chercheurs répliquent que ce phénomène de
vieillissement de la population est un fait établi et qu’ils souhaitent
simplement permettre à chacun de rester en bonne santé aussi longtemps que
faire se peut. Ce qui profite à la fois à l’individu et à la société dans son
ensemble. Il est vrai qu’on a affaire à une tendance lourde. Au début du 20ème siècle,
un bébé né dans un pays développé avait une espérance de vie moyenne inférieure
à 50 ans. Au fil des décennies, les progrès en matière de santé publique,
la généralisation de la vaccination et l’avènement des antibiotiques ont
considérablement réduit la mortalité infantile, ce qui maximise logiquement les
chances d’atteindre un âge avancé. Et de fait, à la fin du siècle, l’espérance
de vie de notre bébé était passée à 80 ans. Comme l’écrit Jonathan Weiner,
ce gain de 30 ans représente «autant
que ce que l’espèce avait gagné depuis son apparition». (La limite théorique communément admise se situe aux alentours de 120 ans, sachant que rares
sont les personnes qui se sont approchées de cette barre.)
Le point positif, c’est que nous sommes de plus en plus nombreux à vieillir
en pleine forme, ce qui pourrait être le résultat d’une meilleure santé pendant
l’enfance. Jonathan Weiner cite à ce titre la théorie qui établit un lien entre
les maladies infantiles et les inflammations chroniques, important facteur de
maladie. Quoi qu’il en soit, si nous vivons suffisamment longtemps, ce sont
d’innombrables affections qui nous attendent au bout de la route, des maladies
neurodégénératives, comme Alzheimer ou Parkinson, aux infarctus et autres AVC,
insidieux et meurtriers, sans oublier bien sûr le spectre du cancer.
Les chercheurs dont David Stipp dresse le portrait s’efforcent de maîtriser
les mécanismes qui causent notre déclin pour que nous puissions folâtrer
jusqu’à 80 ou 90 ans avant de connaître une mort rapide. Pour sa part,
Jonathan Weiner voue une véritable fascination à Aubrey de Grey, prophète, franc-tireur, excentrique et professeur à l’Université de Cambridge
dont la vision est plus ambitieuse. Théoricien de la gériatrie, il met les
chercheurs au défi de concevoir des techniques biologiques qui permettront à
l’être humain de toucher du doigt son rêve d’immortalité.
Ce sont là deux ambitions de taille. Weiner et Stipp reviennent sur la
difficulté de donner une certaine crédibilité à une discipline dont l’histoire
peu glorieuse est parfois tombée dans le sordide. Au début du 20ème siècle,
un spécialiste du rajeunissement pratiquait des greffes de testicules de singe
sur ses patients masculins. Un de ses confrères, Eugen Steinach, voyait en la vasectomie la panacée en cas de virilité défaillante. Pour la petite histoire, on raconte
que Sigmund Freud avait reçu ce traitement, tout comme William Butler Yeats (un
petit coup de bistouri pour le vieillard de La
traversée vers Byzance). Pour les dames, à la même époque, on
recourait à l’irradiation des ovaires pour s’offrir un retour de printemps.
Toutefois, à partir des années 70, quelques scientifiques sérieux se
sont lancés dans l’étude de la durée de vie d’autres espèces, soit par
l’observation en milieu naturel, soit via un élevage sélectif en laboratoire
afin d’identifier les gènes de la longévité. La «gérontologie comparative» étudie
les tendances de vieillissement chez les animaux: elles sont extrêmement
variables d’une espèce à l’autre. Les drosophiles (ou «mouches des fruits»)
vivent quelques semaines. Certains coquillages, comme les clams, peuvent vivre
jusqu’à quatre siècles! Souris et rats ont une longévité de quelques années,
même dans l’environnement protégé d’un laboratoire. On constate facilement
l’état de vieillissement de ces rongeurs qui, au fil du temps, se rabougrissent
et deviennent léthargiques.
Mais c’est un autre rongeur qui excite les chercheurs. Le rat-taupe nu passe des dizaines d’années à creuser des terriers sans jamais
montrer de véritables signes de sénilité. C’est ce que les scientifiques
appellent la «sénescence négligeable». Mais un beau jour, ils meurent sans raison
évidente. Si nous, les hommes et les femmes, pouvions vieillir comme cet animal,
l’industrie des cosmétiques de rajeunissement n’aurait plus qu’à se reconvertir.
Bien sûr, entre la vie animale et la vie humaine, il y a un fossé. Pourtant,
il y a presque trois quarts de siècle, des recherches presque oubliées sur l’allongement
de la vie ont donné à réfléchir! Dans les années 30, un chercheur en
nutrition à l’Université de Cornell, Clive McCay, a mené pendant quatre ans une
étude dans laquelle il a démontré que soumettre des rats à un régime
alimentaire proche de la famine améliorait leur santé et augmentait
considérablement leur durée de vie. Stipp en reste abasourdi: «[Ces conclusions de McCay montrent] que le rythme
du vieillissement est incroyablement flexible, et qu’il est extrêmement simple
de le rompre chez des animaux dont le métabolisme n’est pas si différent du
nôtre».
Pendant des décennies, on a fait fi des découvertes de McCay. Mais ces
dernières années, la restriction calorique (RC) est devenue la base d’un des aspects
les plus édifiants de la recherche sur l’«extension de la vie». Chez de
nombreuses espèces, les singes notamment, le fait d’avoir faim renforce la
résistance à un certain nombre de problèmes de santé: cancers, maladies neurodégénératives
et troubles immunitaires. Stipp explique que le secret des habitants d’Okinawa pour
vivre si longtemps (cette île japonaise enregistre le record de centenaires par
habitant) réside peut-être dans leur consommation alimentaire: légumes et
poissons.
Mais ancrer ces habitudes dans les pays développés est loin d’être chose
aisée: avec la restriction calorique, des populations habituées à un accès
illimité à la nourriture ont du mal à supporter ne serait-ce qu’une journée en «mangeant
moins». Les chercheurs se tournent donc vers des mimétiques de la RC. Il s’agit de médicaments qui nous permettraient de satisfaire nos besoins alimentaires
tout en déclenchant les processus moléculaires de la sensation de faim, laquelle
permet de rester jeune. Ne pas se nourrir et ne pas avoir faim, c’est en
quelque sorte un moyen pharmacologique d’avoir le beurre et l’argent du beurre.
Les mécanismes sous-jacents du vieillissement restent de l’ordre de la
spéculation. De Grey soutient un point de vue de plus en plus admis dans le domaine
du vieillissement: la cause fondamentale du «déclin»
de l’être humain réside dans ce que certains scientifiques appellent une «catastrophe des déchets» [«garbage catastrophe»]. Weiner expose de
façon si éloquente cette théorie qu’elle n’est que trop parlante pour quiconque
est propriétaire d’une maison.
Au niveau cellulaire, les choses commencent à s’abîmer. Des dépôts de détritus
se forment, entravant les mécanismes censés garder nos cellules en pleine forme.
Les chercheurs qui étudient les gènes dits «domestiques»,
qui assurent l’entretien de nos cellules en les débarrassant des petites saletés,
regrettent le mépris qu’on affiche vis-à-vis de ces gènes et de leur fonction
finalement si essentielle. De Grey espère que ces découvertes déboucheront sur la
création d’une sorte de solvant moléculaire permettant d’éliminer les détritus.
Mais tout ceci reste encore très hypothétique!
Voilà qui nous amène à la «pilule de
jouvence», ce produit pharmaceutique de prolongement de la vie dont parle Stipp
et qui fait actuellement l’objet de recherches scientifiques. Cette pilule
pourrait nous permettre de rester jeunes en simulant les effets de la RC et en
maintenant l’activité de l’«équipe d’entretien de nos cellules». Stipp raconte avec
moult détails les travaux de la société Sirtris Pharmaceuticals, qui ambitionne
de commercialiser les sirtuines, une nouvelle classe d’enzymes découverts récemment.
On pense que ces enzymes empêchent l’ADN des cellules d’être abîmé et qu’elles
réparent les mutations qui s’y opèrent. (Le resvératrol, une substance présente dans le vin
rouge, active apparemment les sirtuines dans le corps.) Il aborde
ensuite le cas du Sirolimus, un immunosuppresseur utilisé chez des patients ayant subi une greffe. Ce médicament a permis
d’allonger la durée de vie de certains animaux de laboratoire.
Alors que j’avançais péniblement dans ma lecture, de plus en plus convaincue
que Sirtris ne trouverait pas la solution à la fatalité humaine, le livre de Stipp
semblait lui aussi perdre de sa fraîcheur, amassant un tas de données
superflues.
Weiner qui, en plus d’une belle plume, a le don de rendre la science limpide,
offre une agréable lecture. Mais hélas, lui aussi finit par s’embarquer dans
une longue méditation philosophique sur le sens de l’immortalité (une question
dont les chapitres précédents m’ont laissé penser qu’elle ne méritait guère
qu’on y consacre notre temps limité). Et puisque même Weiner ne croit pas au rêve
d’Aubrey de Grey, celui d’une longévité humaine de plusieurs centaines voire de
milliers d’années…
… j’ai décidé de continuer à m’abreuver de café et de vin rouge. Et de ne pas
renoncer au chocolat noir! Ces aliments contiennent en petite quantité les produits
chimiques susceptibles d’activer chez moi un processus anti-âge. Si c’est
insuffisant pour me permettre, comme dit De Grey, d’«échapper à la vélocité» du
temps, ils rendent ma vie – aussi courte soit-elle – un peu plus savoureuse.
Emily Yoffe
Traduit par Micha Cziffra
Image de Une: Une aurore boréale au-dessus des cendres du volvan islandais Eyjafjallajokull en fin de journée Lucas Jackson / Reuters
Inception: peut-on être conscient que l'on rêve?
Le blockbuster américain Inception est en tête des
box-offices à travers le monde depuis sa sortie (le 16 juillet aux Etats-Unis et le 21 juillet en France). Centré sur le rêve, un thème
souvent abordé au cinéma, il contient une multitude d’idées reçues plus ou
moins répandues sur la nature des rêves, leur lien à la réalité ou encore la
relation entre le rêveur et son rêve. L’image du rêve humain décrite dans
Inception correspond-elle à ce que la science sait de ce domaine, où il reste
encore beaucoup de mystères à élucider? Pour le savoir, voici les différents
postulats du film décortiqués et passés au crible.
Les personnages
d’Inception sont capables de maîtriser leurs rêves, ou en tous cas leurs
propres actions dans un rêve, et même de créer les décors d’un rêve. Est-il
possible de maîtriser son propre rêve?
Une des principales différences entre le rêve et la réalité
est le manque de contrôle: on n’a pas le sentiment de décider dans un rêve, on
est passif devant les évènements. Il existe néanmoins toute une théorie du rêve lucide,
autrement dit le fait d’avoir conscience d’être en train de rêver. Dans un
ouvrage intitulé Exploring the World of Lucid Dreaming, Stephen LaBerge et
Howard Rheingold détaillent une méthode pour parvenir à «se réveiller dans son rêve», et même à en contrôler certains aspects.
D’après ce livre, de nombreux rêveurs lucides ont raconté pouvoir voler à
volonté; d'autres décrivent une sensation d'euphorie et de bien-être. Une femme
a affirmé que son premier rêve lucide lui avait procuré «la sensation délicieuse [et de plus en plus forte] de se fondre dans
les couleurs et la lumière, avec un final digne du meilleur orgasme.»
Les sceptiques avancent que la seule manière de connaître le
contenu d’un rêve est à travers ce que le rêveur rapporte après s’être
réveillé, et qu’il est donc très difficile de savoir si quelqu’un maîtrise vraiment son
rêve. A l’éveil, les techniques d’imagerie permettent dans une certaine mesure
de savoir à quoi on pense. Théoriquement, on peut faire la même chose
pendant le sommeil et les rêves car c’est aussi un état où les pensées ont un
contenu déterminé. La différence est qu’à l’état d’éveil on peut parfaitement
contrôler ce à quoi le sujet est en train de penser, alors que dans le rêve il
est très difficile de contraindre les pensées possibles et donc de décoder leur
contenu.
Néanmoins, la possibilité du rêve lucide a été prouvée
scientifiquement dans les années 70 grâce à l’enregistrement de signaux préétablis
envoyés volontairement par les sujets depuis l’état de rêve: les mouvements des
yeux. Keith
Hearne de l’université de Hull a été le premier à réussir une telle expérience
en 1975, en demandant à son sujet de bouger les yeux de gauche à droite huit
fois d’affilée alors qu’il rêvait. Un journaliste de slate.com a tenté de
suivre la méthode de LaBerge et Rheingold et a réussi, au bout de plusieurs
semaines d’entraînement, à se rendre compte qu’il rêvait pendant un songe et
même à s’envoler
volontairement dans son rêve.
Le postulat de base
du film de Christopher Nolan est simple: une équipe de personnes, menée
par Dom Cobb (joué par Leonardo di Caprio), a réussi à maîtriser l’art de rentrer
dans les rêves d’autrui afin de dévoiler ses secrets les plus profonds, et même
d’influencer ses rêves. Est-il possible d’influencer les rêves de quelqu’un
d’autre?
On peut avoir une influence, mais de manière très limitée
sur les rêves de quelqu’un d’autre. On retrouve dans les rêves des éléments
fragmentés de l’expérience réelle. Il est très rare qu’il s’agisse d’une
histoire entière qui apparaisse dans le rêve. Il s’agit plutôt d’images qui
sont recyclées. Quand on présente des choses à quelqu’un avant qu’il s’endorme,
il y a une chance pour que des fragments réapparaissent dans ses rêves. Mais on
ne peut pas réellement contrôler ce qui se passe dans les rêves.
En revanche, il a été prouvé que l’on mémorise mieux les
choses que l’on a apprises avant de dormir. Des études sur les rats vont également
dans ce sens: on fait parcourir à un rat un trajet bien défini dans un
labyrinthe pendant qu’il est éveillé, et on est capable de suivre le circuit qu’il
parcourt en observant ses neurones dans son hippocampe, une sorte de GPS. Quand
le rat dort, on observe les mêmes réactions dans son hippocampe, ce qui donne à
penser que le rat rejoue pendant son sommeil le parcours qu’il a fait avant. Cela
ne veut pas dire qu’il rêve ou que l’on influe sur son rêve, mais qu’il recrée un
parcours vécu dans son sommeil.
Les protagonistes du film
utilisent un petit artefact, une toupie dans le cas du personnage de Leonardo
di Caprio, pour savoir s’ils sont dans un rêve ou dans la réalité. Peut-on
savoir quand on est dans un rêve?
L’état de rêve est un état conscient et ressemble beaucoup à
l’état de veille conscient. Dans un rêve, on voit, on entend, on fait des
choses, il y a une narration etc... L’activité du cerveau pendant le sommeil
paradoxal ou REM (là où la plupart des rêves se produit), est proche de celle à
l’état de veille, le cerveau est très actif. Mais la conscience de soi est une
des différences entre l’état de sommeil et celui d’éveil.
Néanmoins, il est possible de s’entraîner à prendre
conscience dans ses rêves. Pour reprendre la méthode de LaBerge et Rheingold,
la deuxième étape de la maîtrise du rêve lucide consiste à «identifier les marqueurs de
rêve et effectuer des tests de réalité.» En théorie, pour apprendre à
faire entrer la conscience dans les songes, il faut prendre l'habitude de se
demander si l'on est en état de veille ou de sommeil. Le but est que cette
question devienne un réflexe, notamment dans les situations absurdes ou
surréalistes, dont les rêves sont friands. À force, la question est censée se
poser quand on dort. Si l'on rêve souvent d'ascenseur, il faut effectuer un
test de réalité à chaque fois que l'on se trouve, éveillé, dans un ascenseur,
ce afin d'augmenter ses chances de faire la même chose quand ce marqueur
apparaît dans un rêve.
Dans Inception, on
fait chuter une personne dans une baignoire pour la réveiller, et cela se
traduit par un torrent d’eau qui apparaît dans le rêve. Les éléments extérieurs
influent-ils sur le rêve?
Le fait d’être arrosé par de l’eau ou d’avoir un bras qui
est comprimé peut entrer dans le contenu du rêve, y faire intrusion. Une des
explications possibles à cela est notre instinct de survie animal: un animal
qui ne réagirait à rien lors de son sommeil serait en grand danger, il doit
pouvoir se réveiller s’il y a vraiment un évènement menaçant. Autre exemple: on
ne tombe pas de son lit en temps normal alors qu’on bouge lors du sommeil, ce
qui veut probablement dire que l’on perçoit les bords du lit et qu’on rectifie notre
position de manière quasi-automatique.
Dans Inception, Dom Cobb est hanté par des rêves récurrents de sa
défunte épouse. Les rêves récurrents ont-ils une signification particulière?
Sur ce point là, les rêves ne sont pas différents des
pensées d’éveil. De la même manière qu’on a des pensées récurrentes, on a des
rêves récurrents. Ils reflètent ce que l’on a dans la tête. On retrouve les
anxiétés et les peurs d’une personne à l’éveil mais également dans le sommeil.
Le contenu des pensées du rêve dépend de qui vous êtes.
Dans le film, le temps passe beaucoup plus vite dans les rêves que dans la réalité, ce qui donne aux personnages le temps d'effectuer de nombreuses actions au cours d'un rêve relativement court. Le temps passe-t-il vraiment plus vite dans les rêves?
Non. Des études ont corrélé la durée des aventures racontées
par les rêveurs avec la durée objective pendant laquelle ils ont été plongés
dans cet état de sommeil REM. Les chercheurs allemands Daniel Erlacher et
Michael Schredl ont ainsi réussi à montrer que
le temps nécessaire pour compter dans un rêve est le même que celui nécessaire
pour compter éveillé. Pour ce faire, ils ont demandé à des rêveurs lucides
de compter de 21 à 25 dans leur rêve et d’envoyer des signaux par des
mouvements d’yeux au début et à la fin de l’opération. Le laps de temps entre
les deux signaux a ensuite été comparé au temps qu’il faut pour compter de 21
à 25 à l’état d’éveil. Avec la même méthode,
ils ont trouvé qu’effectuer des flexions prend même plus de temps dans un rêve
que dans la réalité.
Autre indication, on a remarqué que chez les personnes
atteintes de troubles du comportement en sommeil paradoxal (REM sleep behavior disorder, ou
TSCP), une pathologie où le rêveur adopte des comportements involontaires qui
sont souvent en rapport avec le contenu du rêve et effectue les gestes dont il
rêve, donne des coups, crie ou encore gesticule, la chronologie des actions
réelles correspondait plus ou moins à celle du rêve qui est raconté.
Grégoire Fleurot
L’explication remercie
Laurent Cohen, professeur de neurologie à l’hôpital de la Pitié Salpetrière.





