vendredi 3 décembre 2010

Tous propriétaires? La grande arnaque!

Tous propriétaires? La grande arnaque!: "

Les dernières statistiques publiées par la Chambre des

notaires de Paris et d’Ile-de-France font état d’une brutale envolée du prix

des logements en région parisienne,
notamment à Paris intra muros: une hausse

de 5,1 % en trois mois, de 13,8% en un an et un prix moyen du mètre carré de

7.030 euros pour les logements anciens, les chiffres sont spectaculaires. Mais comment

faut-il les interpréter?


Premier constat: les marchés immobiliers commencent à se

réveiller partout en France, et surtout dans les grandes agglomérations. Le

volume des ventes de logements anciens a retrouvé en Ile-de-France un niveau

comparable à celui qui avait été enregistré en moyenne enter 1999 et 2007. Mais

Paris est un cas à part, marqué un profond déséquilibre entre l’offre et la

demande: le réveil du marché y prend très vite des dimensions extravagantes.


Quoi que l’on pense de la façon dont le chef de l’Etat et le gouvernement

abordent la question du grand Paris, ce dossier est incontestablement un de

ceux qu’il faut traiter rapidement
en y mettant les moyens nécessaires. Paris

étouffe à l’intérieur du périphérique et son aménagement ne peut être envisagé

qu’en liaison avec les départements adjacents.


La hausse des prix, dans le cadre actuel, y est inévitable.

La demande de logements y est en partie incontrôlable, car elle est

internationale, alors que l’offre est limitée. Paris fait partie des quelques

capitales, aux côtés de New York et Londres, que les titulaires de grandes

fortunes de ce monde apprécient particulièrement. Si l’on en croit les derniers

calculs de Merrill Lynch et Capgemini, notre planète comptait de nouveau dix

millions de millionnaires en dollars en 2009
(on ne compte là que leurs actifs

financiers, par leur résidence principale); que seulement un sur cent de ces

millionnaires ait envie de s’offrir un pied à terre à Paris et cela fait près

d’un dixième du parc des appartements parisiens qui est concerné (on compte un

peu plus de 1,1 million d’appartements dans la capitale)!


L'effet bulle


Il est vrai que des riches n’hésitent pas trop à aller dans

certaines «banlieues» proches comme Neuilly, Levallois ou Boulogne, mais il

n’en demeure pas moins que la pression est forte sur les beaux quartiers

parisiens. D’autres emplacements moins prestigieux sont aussi recherchés; par

exemple, après l’ouverture du tunnel sous la Manche, on a vu les prix monter

autour de la gare du Nord. Ceux qui n’arrivent plus à s’offrir les appartements

qu’ils convoitaient reportent leur attention sur d’autres arrondissements et,

de proche en proche, la hausse gagne l’ensemble des quartiers.


Il est d’ailleurs significatif que tous les biens

immobiliers deviennent chers dans la capitale, même les plus médiocres. On

retrouve là un symptôme comparable à celui qui est observé dans le secteur

financier chaque fois qu’une «bulle» est en train de se former: tous les

prix montent, sans grande distinction. Est-ce à dire qu’une bulle immobilière

est en train de se former à Paris? Oui, c’est certain. Le mouvement actuel peut

encore se poursuivre, mais il sera intéressant de voir ce qui se passera quand

les taux d’intérêt remonteront.


Car les problèmes propres à Paris et à son déséquilibre

entre offre et demande de logements ne sont pas seuls en cause. Le contexte

économique joue un rôle majeur et les notaires l’ont bien remarqué: volatilité

des marchés boursiers, qui n’incite guère les investisseurs à aller sur le

marché des actions, craintes sur la dette des Etats, qui n’incite pas à

souscrire aux emprunts publics, et, plus globalement, incertitudes sur la

situation économique. Si l’on ajoute à cela des inquiétudes toujours fortes sur

le financement des retraites, la recherche de la sécurité pousse à l’achat de

sa résidence principale.


La doctrine et la réalité


Quant à ceux qui achètent de la pierre pour placer

leur argent, ils acceptent la perspective de rendements modestes (il est

difficile d’augmenter les loyers au rythme du prix des logements) parce qu’ils

pensent que l’immobilier offre actuellement la meilleure protection qui soit

pour leur capital. De surcroît, le niveau historiquement bas des taux d’intérêt

compense en partie la hausse des prix pour ceux qui achètent à crédit. Le

maintien de taux durablement bas peut avoir un effet bénéfique sur l’activité

dans certaines conditions, mais il a l’inconvénient de faire grimper le prix de

certains actifs financiers ou immobiliers.


Tout cela est-il raisonnable? Non, mais on n’offre guère

d’autres choix à tous ceux qui envisagent de devenir propriétaires au prix d’un

effort démesuré. Nicolas Sarkozy veut une France de propriétaires. C’est une

question de doctrine. Rappelons-nous ce qu’il disait le 14 janvier 2007:


«Ma République est celle où chacun pourra accéder à la

propriété de son logement. Il faut permettre aux classes moyennes, à la France

qui travaille d’accéder à la propriété. (…) Je propose que l’on fasse de la

France un pays de propriétaires parce que lorsque l’on a accédé à la propriété,

on respecte son immeuble, son quartier, son environnement… et donc les autres. Parce

que lorsque l’on a accédé à la propriété, on est moins vulnérable aux accidents

de la vie».



Comme c’est souvent le cas avec les propos tenus par le chef

de l’Etat, le raisonnement paraît impeccable, le discours semble porter la

marque du plus grand des bons sens. Pourtant, il n’est pas sûr qu’une personne

lourdement endettée soit mieux armée qu’une autre pour affronter une perte

d’emploi; les économistes constatent même que la propriété peut être un frein à

la mobilité et à la recherche d’un emploi éloigné de son domicile. La France

qui travaille peut aussi être une France de locataires…


Quant au lien entre la conscience civique des gens et le

fait qu’ils soient propriétaires, c’est de l’idéologie pure; cette affirmation ne repose sur aucune étude politique ou

sociologique sérieuse. L’Allemagne et la Suisse font partie des pays européens

où le taux de propriétaires est le plus faible (aux alentours respectivement de

46% et 37%, contre 58% en France ou 72% en Italie et 83% en Espagne). Que les

villes allemandes ou suisses soient moins bien entretenues et plus sales que

les villes françaises, italiennes ou espagnoles et que leurs habitants soient plus

portés à l’irrespect que ceux de ces derniers pays, cela ne saute pas

franchement aux yeux.


Un autre phénomène mérite d’être noté. Dans tous les pays

développés, tout est fait pour que les entreprises n’aient pas à immobiliser

leur capital dans l’achat de bureaux, d’entrepôts ou de surfaces commerciales:

des sociétés foncières s’occupent de faire construire et de gérer pour elles ce

patrimoine immobilier. Les avantages annexes sont nombreux: plus de mobilité,

de souplesse, avec la possibilité de choisir dans un parc immobilier sans cesse

rénové et adapté aux nouvelles technologies.


Et les particuliers, eux, n’auraient d’autre choix que de

consacrer toutes leurs ressources à leur logement ? La logique de cette

politique paraît pour le moins étrange.


Gérard Horny

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Wikileaks: les Etats-Unis ont empêché Israël d'attaquer l'Iran

Wikileaks: les Etats-Unis ont empêché Israël d'attaquer l'Iran: "

Barack

Obama a prévenu le gouvernement israélien que certaines informations contenues dans les 251.287 télégrammes diplomatiques du Département d’Etat et des ambassades américaines rendues publiques par Wikileaks risquaient de perturber les relations israélo-américaines. En fait, les informations en question sont plus embarrassantes pour Washington que pour Jérusalem.


Il y a bien sûr l'anecdotique. Nicolas Sarkozy est surnommé «l’empereur

sans vêtement». Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad est traité «d’Hitler» et le comportement du chef de l’Etat afghan, Hamid Karzai, est «dicté par la paranoïa». Pour ce qui est de la diffusion des documents diplomatiques

adressés depuis l’ambassade américaine de Tel-Aviv à l'administration Obama, elle met en évidence les divergences dans la perception du problème iranien. Nos articles

sur Slate.fr, fondés sur des informations

confidentielles, avaient fait état des pressions qu’Israël maintenait sur les Etats-Unis pour les persuader

de la nécessité d’une frappe préventive contre les installations nucléaires de

Téhéran et des pressions américaines en retour pour empêcher ces frappe. Nous avions mis en avant les évaluations du ministre de la Défense Ehud Barak, faites en 2009,

sur l’existence d’une fenêtre de tir dans les 18 mois ainsi que sa réflexion: «Le destin du monde

repose sur l’arrêt du programme iranien


Les

documents publiés révèlent la teneur du câble envoyé par l’Ambassade des

Etats-Unis sur l’année 2010 qui est, selon elle, l’année critique pour faire

face à la menace nucléaire de la République islamique. Une véritable leçon de science politique leur a été donné par Ehud Barak. Le ministre

de la Défense a conseillé une attitude ferme à l’égard de la Corée du Nord

car toute faiblesse face à Kim Jong-il sera considérée comme un encouragement par des Iraniens qui ne manqueront pas de considérer les américains des «tigres de

papier», termes intégralement repris par les diplomates américains

dans leur câble.


Le

site WikiLeaks dévoile aussi l’intervention du général Amos Yadlin, chef des

renseignements militaires, qui a prévenu les américains «qu’Israël

ne peut sous-estimer l’Iran parce qu’il n'est pas question de subir une surprise égale à celle du

11 septembre 2001»
. Il

dévoile les techniques et l’armement américain que que voulait utiliser Israël lors de son intervention militaire. Tsahal avait songé

à utiliser 24 bombes avec pénétrateur BLU-113 et 24 bombes dotées d'un

pénétrateur BLU-109 à guidage laser GBU-109 pour causer des dégâts

significatifs aux trois principaux centres nucléaires iraniens Natanz, Arak et Ispahan. Le

secrétaire d’Etat américain à la défense Robert Gates s’oppose, selon ces documents, à toute

frappe israélienne qui n’aurait pour conséquence selon lui que de retarder le programme

iranien de quelques mois. Israël a par

ailleurs reçu une injonction de cesser «toute allégation selon laquelle le gouvernement

américain aidait Israël à se préparer à une attaque contre l'Iran».


Les

documents relatent les minutes de la réunion à Jérusalem, le 1er

décembre 2009, entre Amos Gilad, directeur des affaires politico-militaires au

ministère israélien de la défense, et Ellen Tauscher, sous-secrétaire d'Etat

américaine qui précise la scène: «Gilad dit qu'il n'est pas

certain que l'Iran ait décidé de fabriquer une arme nucléaire, mais que l'Iran

est déterminé à avoir l'option

d'en construire une. La diplomatie du président Barak Obama avec l’Iran est une

bonne idée mais il est bien clair que cela ne marchera pas».


Selon les documents WikiLeaks, l’ambassade de Tel-Aviv a aussi communiqué ses entretiens

avec le chef du Mossad, Meir Dagan, le plus pessimiste des

dirigeants israéliens sur le problème iranien mais qui acceptait malgré tout le

principe de sanctions et d’opérations clandestines pour déstabiliser l’Iran. Dagan

a déclaré qu'Israël et les Etats-Unis pourraient «changer le régime au

pouvoir en Iran en suggérant l'exploitation des points faibles du pays tels

que le chômage et les taux d'inflation élevés, ainsi que et l'opposition des

citoyens iraniens à une implication croissante de leur gouvernement auprès du Hamas palestinien»
. Meir Dagan souligne à plusieurs reprises que l’Iran laisse croire à la possibilité de négociations pour gagner du temps afin d’obtenir, en 2010-2011, la capacité

technologique de fabriquer une arme nucléaire.


Les

documents font aussi état de l'attitude russe sur le dossier iranien qui, selon un

télégramme américain daté de novembre 2009, représente un «mystère».

Les Israéliens n’ont pourtant pas ménagé leurs efforts, grâce à Avigdor Lieberman, pour

rallier la Russie à la diplomatie occidentale sur l'Iran. Les tractations viennent

d’être mises à nu. Lors de son entretien avec Ellen Tauscher, Amos Gilad «a expliqué que Moscou avait demandé des livraisons de drones israéliens

sophistiqués en échange de l'annulation de la vente des S-300 (missiles anti-aérien) à Téhéran»
.

Le diplomate israélien avait ajouté que «les Russes reconnaissaient

leur retard technologique sur les drones, et qu'ils sont prêts à payer un

milliard de dollars pour la technologie israélienne sur ces appareils. Il a

répété qu'Israël ne fournirait pas sa technologie la plus récente, expliquant

qu'elle se retrouverait probablement entre les mains des Chinois».


Enfin, le site rapporte la teneur d’un

câble de l'ancien ambassadeur saoudien aux Etats-Unis, Adel al-Jubeir,

rappelant les «exhortations fréquentes du roi aux États-Unis pour attaquer

l'Iran et mettre ainsi un terme à son programme d'armes nucléaires. Il vous demande

de couper la tête du serpent».


La «faiblesse» de l'Autorité palestinienne


La

révélation de documents israélo-américains ne concerne pas uniquement l’Iran.

L’ambassade américaine fait ainsi état de discussions entre Israël et l’Autorité

palestinienne pour coordonner une action commune contre Gaza comme le

souhaitait l’ancien homme fort de Gaza, Mohammed Dahlan, qui piaffe d’impatience

pour en découdre avec le Hamas. Il est établi que ni l’Autorité palestinienne

et ni l’Egypte n’ont finalement pas voulu se «mouiller» pour reprendre le

contrôle de la bande de Gaza.


A à l’occasion d’une réunion en juin 2009 avec une délégation du Congrès

américain, le ministre de la Défense Ehud Barak avait affirmé que le

gouvernement israélien «avait consulté l'Egypte et le Fatah avant

l'opération Plomb durci pour leur demander s'ils étaient prêts à assumer le

contrôle de Gaza une fois le Hamas vaincu».
Nous avions évoqué dans plusieurs articles la collusion entre Israël, l’Autorité

palestinienne et l’Egypte pour une action commune contre le Hamas. Mais les

documents publiés par WikiLeaks représentent les preuves tangibles d’un tel

arrangement. Dans ce même document, Ehud Barak soulignait que

«l'Autorité palestinienne était faible et manquait de confiance en

elle».


De nouveaux documents vont évidemment faire surface

qui laissent assez sereins les dirigeants israéliens.

Ils estiment qu’ils ont toujours fait preuve de transparence quand il ne

s’agissait pas de fuites volontaires. Jérusalem considère même que Wikileaks met en évidence la position ambiguë et hésitante de

Barack Obama par rapport aux

agissements dangereux de la Corée du nord et de l’Iran.


Jacques Benillouche

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