En guise de présentations, je vais vous parler des deux trucs que j’aime le plus dans la vie : le sexe et la cuisine. Plus précisément, le rapport qu’il y a entre les deux dans ma vie.
J’ai longtemps cru (et affirmé) qu’il n’y avait que ça pour garder un garçon. Une petite pipe, une bonne blanquette, et voilà le garçon acquis corps et âme à votre cause. Surtout corps. Mais c’est pareil. En théorie, donc, telles étaient les deux conditions nécessaires (mais pas forcément suffisantes) à une relation saine et durable. Les deux piliers de la vie à deux. Et en fait, ça ne marche pas. Et pourtant dieu sait si je fais bien la blanquette.
Je me suis rendu compte, il y a peu, que les rapports de l’un à l’autre s’inversaient systématiquement. C’est-à-dire que dans mes relations, les plus torrides ont également été les plus pauvres culinairement. Tenez, mon meilleur coup, si je dois l’associer à un aliment, je serais bien incapable de trouver autre chose que nuggets-mayonnaise ou pizza surgelée (1€99 au DailyMonop chacun). Et pourtant on aimait bien manger. Et cuisiner. Mais bizarrement, pas ensemble.
A l’inverse, j’ai connu un type, il y a quelques années, un vrai aventurier de la gastronomie. Un type à vous inventer des recettes de magret de canard à la confiture, à vous mitonner des œufs cocotte, à vous réussir une tarte sans les mains ou presque. Eh bien lui, oh là là, comment vous dire… Sans les mains ou presque, quoi.
Alors ça m’interpelle, quand même. Vivre à deux, c’est adapter et/ou inventer des recettes (ça marche pour le cul comme pour la boustifaille), des trucs qui deviennent une spécialité commune, une habitude, un rituel, un jeu, enfin un truc de ce genre, non ? Eh bien là, même combat : si j’associe mes amants à une position, les trucs les plus olé-olé rejoignent à chaque fois le clan des raviolis en boîte.
Pourtant, j’adore cuisiner. Une autre expérience de la vie à deux (ou plus) me confirme tout ça : si j’ai toujours bichonné les papilles de mes colocataires, jamais, non, jamais je n’ai couché avec eux.
Alors, il est où le problème ? Même avec des types dont je partage les goûts, hein. A chaque fois, c’est pareil. Est-ce par flemme (”Écoute chéri, je tiens à peine debout après ces galipettes, tu crois quand même pas que je vais rester aux fourneaux pendant trois plombes ?” / “Ecoute chéri, j’ai passé deux heures à couper des oignons, j’ai pas vraiment la tête à la gaudriole, là”), ou par fierté revancharde et féministe (hahaha !) ? Un problème d’éducation (papa fait très bien la cuisine, mais je ne vois absolument pas le rapport) ?
Voilà, je m’excuse par avance auprès de tous ceux qui m’ont emmenée au restaurant, ceux à qui j’ai fait des gratins, ceux qui m’ont soufflé la recette du curry d’agneau de leur grand-mère…
Quant à savoir si quand je suis seule, je cuisine, voilà bien une information que je garderai pour moi.

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