Le titre de cet article n’est pas ce qu’il y a de plus classe, mais je trouve le terme “vagin” beaucoup trop médical, et ce n’est pas l’objet de mon propos, qui est, comme vous le savez, poétique.
Donc une chatte, c’est un truc un peu compliqué, en fait, y a des lèvres qui s’élèvent partout comme des remparts, un joystick qui est encore plus difficile à contrôler que le touchpad d’un laptop toshiba, et le tout ressemble à s’y méprendre à une anémone de mer. Donc, trop souvent, certains mecs préfèrent ne pas trop s’y attarder, et foncent directement dans le tas, ou plutôt dans le fond. Pour filer la métaphore sous-marine, il vaut mieux y aller directement en mode haute-plongée avec scaphandre et bouteille, plutôt que de rester en surface avec son masque et son tuba.
Je pense que ces garçons là ont raison ! Naviguer en surface est quelque-chose d’extrêmement exigeant, il y a beaucoup plus d’obstacles, de rochers, de récifs, de coraux, que dans le fond des mers où il n’y a que de l’eau, et parfois, quelques poissons, et c’est ici que la métaphore atteint ses limites. Donc moi j’ai personnellement entrepris, de par ma grande curiosité, d’explorer la surface. Au point que parfois on m’a reproché de trop tourner autour du pot. J’ai ainsi traversé des forêts ardues et et des rivières tumultueuses à la recherche de cet animal fabuleux que l’on nomme l’orgasme clitoridien. Quelle recherche éprouvante, je suis sûr qu’il y a des mecs plus doués qui l’ont trouvé du premier coup, mais moi, franchement, il m’a fallu beaucoup d’efforts, et encore aujourd’hui, je ne suis jamais sûr d’atteindre mon objectif, c’est un défi constamment renouvelé. C’est qu’on s’y perd vite, et même si on a une boussole qui indique plus ou moins précisément le nord, il suffit d’un rien pour que tout s’effondre et que l’on doive repasser par la case départ. C’est qu’on n’approche pas cet animal aussi facilement, il faut avancer, tapi dans les hautes herbes, à pas feutrés, faire diversion, et puis fondre soudain sur la bête et ne plus la lâcher, sans se laisser désarçonner… Bref, comme le disait notre regretté contributeur HitoBoy en commentant un précédent article sur le cunnilingus, tout cela s’apparente un peu à la chasse au bison, telle qu’elle était pratiquée par les sioux, parce que quand c’est Buffalo Bill avec une moustache et un fusil, c’est tout de suite plus facile. C’est là que la métaphore atteint ses limites.
La chasse au bison est terminée, que vous l’ayez trouvé ou pas, ce n’est pas la question, il arrive parfois qu’on baisse les bras ou bien que des crampes désagréables ne permettent pas de poursuivre les recherches. Il se peut aussi que ce ne soit tout simplement pas la saison des bisons, mais celle de la Levrette sauvage (qui ne se chasse pas en prairie, mais plutôt en parcs publics ou en chiottes de boîtes). Il s’agit donc à ce moment précis d’enfiler votre scaphandre et de plonger dans le puits de toutes les promesses. Et là aussi, il s’agit d’y aller progressivement… Ce n’est pas comme si votre adjudant-chef vous ordonnait de faire 50 pompes et plus vite que ça, ou si vous préférez, comme si bobonne vous demandait de faire monter les œufs en neige. Il faut prendre son temps, quoi, trouver sa vitesse de croisière, c’est pas le sprint, c’est la course… de fond, justement. Si vous partez tout de suite au quart de tour, vous n’avez aucune chance de concourir pour le marathon…
C’est fou tout ce qu’on peut rencontrer comme créatures dans ces fonds-là, à condition d’être un peu attentif : des soupirs, des gémissements, des grincements, des petits hululements, des rictus, des grimaces, des dents carnassières, des yeux étincelants, bref, toute une biodiversité de monstres marins un peu surprenants parfois, mais souvent inoffensifs. Il en est un qui souvent reste enfoui dans l’oreiller car il sait être discret, mais qui est beaucoup plus terrifiant que les autres : l’orgasme des abysses… Quand il se réveille, attention les oreilles, il se déchaîne, il hurle, il a des yeux exorbités, des griffes acérées, et même parfois il y en a plusieurs qui débarquent à la suite. Et une fois qu’il s’est réveillé, il faut être très gentil avec lui, remonter très doucement à la surface, par paliers de décompression, lui caresser affectueusement la crinière et le dos, aller lui chercher un verre d’eau, un cendrier, une couverture, lui faire un petit câlin, lui dire deux trois trucs sympas, et ensuite, vous pouvez vaquer à vos occupations, vous endormir ou aller manger un morceau. C’est le repos du guerrier.
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